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 Le Cri Du Fennec, gloire, beauté et révolution de salon

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Steph
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MessageSujet: Le Cri Du Fennec, gloire, beauté et révolution de salon   Lun 10 Avr - 23:31

Les éditions de la tourterelle qui pète et CQ prod vous proposent le grand fennecton de l'été:

Le Cri Du Fennec, gloire, beauté et révolution de salon

_________________
"On est puceau de l'horreur comme on l'est de la volupté. Comment aurais-je pu me douter moi de cette horreur en quittant la place de Clichy? Qui aurait pu prévoir avant d'entrer vraiment dans la guerre, tout ce que contenait la sale âme héroïque et fainéante des hommes?" L.F. Céline, Voyage au bout de la nuit.
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Steph
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MessageSujet: Le Cri Du Fennec, gloire, beauté et révolution de salon   Jeu 3 Aoû - 17:13

Jour 1: Villepin, si tu savais...

"Qui vote pour la grève!"
Levage de mains général... "adopté"... Cris de joie..." Un peu de silence!!!"...secouage de mains.
"Qui vote pour le blocage!!"
Levage de mains un peu moins général..."adopté!"...Hurlements entre joie et colère..."SILENCE"... Les perdants quittent l'amphi.
Pour Marlène, c'est une consécration. Elle qui espère depuis toujours être l'égérie d'une révolution soviétique. Devenir une Rosa Luxembourg... Elle regarde tous ses partisans (les deux devant) ses yeux brillants, tels qu'ils peuvent être après une nuit torride de lecture des essais mexicains de Trotsky (des volumes introuvables).
Julien, quant à lui, est perplexe. "Mais qu'est-ce qu'ils me veulent ces pédés de gauchistes du Cri du Fennec à me dire ruelle sombre quand je parle???"
Il ne sait quel code anarchisant se dégage de ces deux mots. Il se laisse quand même griser par la liesse populaire, du peuple triomphant, et montre ses dents en essayant de sourire (encore une fois raté se dit-il).
Le Cri du Fennec, nous y voilà. Depuis la rentrée, l'équipe de cette feuille de chou estudiantine essaie sans y parvenir de sortir son numéro 6. Plusieurs problèmes majeurs ont dû faire reporter la parution de ce brûlot anti autoritaire. D'abord, le retour de la copine de Ravachol, qui bloqua trois semaine la rédaction de son article. Ensuite, ce fut le départ conjoint de Fanch et de Stef en cure de désintoxication de force par les autorités de l'université. Puis le rédacteur en chef découvrit CIV 5 avec Bougabouga. Ils disparurent pendant un mois et demi sans laisser de trace. Sans parler des articles de Chloé, refusés à chaque fois, ou des dessins de Clem'so, dont l'arrivée était toujours reportée en raison de fautes d'orthographes.
Bref, l'équipe est de nouveau au complet et tient à sortir ce satané numéro.
-Demain, réunion de préparation du journal, dit Capitaine K
-C'est toi la réunion, dit Serge
-On fait ça dans un bar?, demande Stef
-Ah ouais, (Fanch)
-Non, pas possible, y a manif sauvage pour bloquer la préfecture, reprend Capu.
-Non, mais c'est pas une proposition, c'est un ordre,( Capitaine K)
Eclat de rire général. Tous les rédacteurs se foutent de la tête du rédac' chef (" bordel, c'est moi le boss, se dit-il, ils commencent à me les brouter les gauchos! N'arriverais-je donc jamais à les mater... Joseph, donne moi ta force, mais pas ta moustache s'te plaît.")

2h plus tard au local de l'UNEF:
Hélène en a plus que marre de ce journal débile qui pourrit son existence et créé des désaccords parmi ses camarades.
"Il faut en finir avec ce torchon ainsi que leurs plaisanteries de mauvais goût!!!!"
Et à propos de goût, ce n'est pas du sien que de détruire ce journal pour Filsdecrao. Il aime bien le lire quand il sort, c'est-à-dire pas souvent. "En plus, y a des camarades qui écrivent dedans, et même moi quand ils veulent bien publier mes articles, donc jamais. Bref, ils me font rire. Mais arriverais-je à être publié? Le comité de censure me le permettra t'il?"
La crise interne est proche au syndicat.

Pour passer le temps, vu que rien ne se fait, Laureline et Catwoman en profitent pour vendre le troisième numéro du CDF aux étudiants en première année.
A défaut de réunion dans un bar, Tom, Stef et Fanch vont quand même dans un bar, histoire de se rafraichir les idées.
Capitaine k et ravachol commencent à s'engueuler par rapport à la sortie du numéro 6.

"-Non, ton article ne sortira pas.
-Quoi, mais il est bien! J'attaque juste les écologistes, les communistes, les anti peine de mort et les éleveurs d' Autruche de Catalogne.
-C'est un peu extrême comme position.
-Extrême comment? Vas-y, dis le!!!
-Fasciste si ça peut te faire plaisir. D'ailleurs, pour la peine, ton article prochain, tu le coécriras avec Serge et Stef.
-Non, je t'emmerde. Et il sortira."
Voilà le problème de nos deux protagonistes qui sort. L'un ne supporte pas l'idée d'être pris pour un faf et l'autre n'arrive pas à assoir quelconque autorité.
Leur crise d'identité se révèle de plus en plus forte chaque jour...

Stef, le vieux con comme ils l'appellent tous, se dit que la bière c'est bon, mais là le pastis lui irait mieux. Faut dire qu'au bout de 6 pintes, à part l'envie de pisser, rien ne se passe. A part Fanch qui vomit de la mousse sur une étudiante de sciences po pour faire rire Tom, tout est banal à ses yeux (même le vomi de mousse).
Cette soirée ne fait que commencer pour eux quand le patron leur demande de partir du bar car Tom a pissé sur le comptoir et que ça se fait pas bordel.
Stef trébuche en sortant et casse tous les verres...

Pendant ce temps-là, Laureline et Juliet ont vendu tout le stock qu'elles avaient amené. Les premières années sont influençables se disent-elles. Les mecs n'en peuvent plus dès qu'ils voient des seins et nous achètent les numéros à 5 euros pièce.
"-T'imagines si on était allée à Lyon 1, dit Juliet
-On pourrait partir en week-end au moins jusqu'à Bourg-en-Bresse."
Elles se marrent rentrent tranquillement chez elles.

La première journée de grève contre le nouveau plan gouvernemental sur le travail des jeunes (travailler 2 ans comme stagiaire non rémunéré et avoir la possibilité d'avoir un CDD au-delà de cette période si le patron ne vous vire pas avant sans raison. Sachant que l'âge de la jeunesse a été repoussé à 64 ans) s'achèvent entre occupations, beuveries et suspense.

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Jean-Jasmin
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MessageSujet: Re: Le Cri Du Fennec, gloire, beauté et révolution de salon   Jeu 3 Aoû - 19:47

Jour 2 : renforts & tartelettes aux groseilles



Une nouvelle journée se lève sur le campus de Bron. Juliet et Laureline, après avoir passé toute la nuit comme deux folles à essayer de vendre des Petits Bulletins aux lycéens venus visiter la fac afin de savoir si ils vont faire arts du spectacle ou économie internationale, s'endorment paisiblement en rêvant déjà au troisième jour, celui de la sortie du 491. Le campus, bloqué, pourra-t-il quand même obtenir la livraison de ce culturel magazine? Encore l'occasion d'une AG déchaînée et passionnée, pensent-elles en se mettant à ronfler.
Ces ronflements produisent, l'espace d'un instant, une vague de terreur dans l'aile ouest des bâtiments universitaires bronnais. En effet, les (3) trotskistes, pensant que ce bruit provient d'avions impérialistes américains venus les bombarder pour éteindre les marmites du Grand Soir qui commençaient à chauffer. « enfin un bon repas végétalien », se réjouissaient-ils quand on leur a dit que ces mêmes marmites allaient bientôt bouillir, se mettent à courir un peu partout, affolés et affolants. Heureusement, ils sont bien fatigués après une course effrénée de 3'12 à travers les bâtiments et, tapis sous une table de la COOP, savourent une bonne rasade de Fanta Pamplemousse pour se remettre de leur émotions.
Le groupe de lycéens, après avoir en vain essayé d'écouter les rêves érotiques ardêchois de nos deux « paper-girls », se retourne vers sa ligne de conduite et décide de faire une liste des bons et mauvais points d'art du spectacle et économie internationale. Arrivés dans ce premier (ADS dira-t-on maintenant), Steph décide de leur faire faire la visite, en échange d'un petit jéroboam de ouisqui, ou un litron d'eau de Cologne fera bien l'affaire. Puis il leur explique qu'il a participé à la construction de la fac il y a bien longtemps. Bilan: 15 futurs économistes et managers en plus d'ici quelques années.
L'atmosphère commence à monter entre les forces de police, sur le parking de l'hippodrome, qui depuis 2h40 essayent en vain de se remettre dans le bon sens, ce qui donne un spectacle à la fois drôle et effrayant pour les deux vigies, en les personnes de Serge et Fanch, qui voient cet amas de camion et de bruits de klaxons comme une famille de vers géants venus regarder les courses de ch'wal ou manger l'université, au choix. Vision expliquée par la nocturne découverte de la légendaire tireuse à bière de la non moins légendaire salle des professeurs.
C'est à ce moment là, à la cinquième lueur du deuxième jour (soit environ 14h), qu'un soutien autant dangereux qu'innatendu fait son apparition, sortant par dizaines du T2 qui, pour l'occasion, avait réussi à franchir deux stations sans tomber en panne. En effet, l'asile d'aliénés, réuni dans sa totalité pour un atelier géant de fabrication de tartelettes aux groseilles, a été pris dans la folie (disons-le) du « mouvement des occupations ». Et ce sont 144 personnes, de taille moyenne, dévalant sous la bannière « libérez les fous! » qui viennent apporter leur soutien, au grand bonheur d'Hélène, qui y voit surtout des adhérents potentiels, mais aussi tourmentée par l'éventualité grandissante d'une énième scission (la 23ème en 34h d'occupation sauvage). Tapie derrière le comptoir de la COOP, elle doute.
Ravachol, accueillant assez froidement le soutien inespéré qui s'offre à eux, déclare, fier de lui, s'écoutant sans même le feindre:

- « on ne combat pas l'aliénation avec des moyens aliénés »

Voyant la déception générale des fous qui voulaient s'émanciper et faire de la compote de pommes, de Laureline et Juliet qui voulaient leur vendre la Gazette, de Steph qui voulait récupérer les groseilles pour faire du tord-boyaux, et de Fanch et Serge qui aimeraient bien, comme les CRS d'en face, commander des pizzas au petit camion, Ravachol s'en va marcher un peu, en contre-jour, en se demandant si il n'est pas fasciste. « merde, en citant un situ, j'étais sûr de ne pas me gourrer pourtant... ». On le verra, cinq minutes plus tard, le visage soudain ravivé, l'index fièrement dressé devant sa tête. Après mûre réflexion, il le sait maintenant, il a compris: ce sont les situs qui étaient fascistes, pas lui.


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Filsdecrao
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MessageSujet: Re: Le Cri Du Fennec, gloire, beauté et révolution de salon   Ven 4 Aoû - 13:16

Jour n°3 Le tournant de la rigueur


Ce 3e jour d'occupation, les évènements prennent une tournure dramatique. La pénurie commence à se faire ressentir. Il n'y a plus d'alcool sur le campus. Steph et Fanch errent comme des âmes en peine. Non, décidément, le sang des anti bloqueurs n'est pas alcoolisé. Mais de quoi ils se nourissent ces cons gémit Steph. A bout de force Fanch laisse tout juste échapper un râle d'agonie.
A quelque distance de là, se joue une autre tragédie. Les milices de Saint Joseph menées par Samy ont intercepté le livreur du 491, l'ont éviscéré et ont brulé ce cheval de Troie de l'Impérialisme qui souillait la communauté communiste autonome de Lyon 2... Juliet et Laureline sont désemparées. Leur vie a-t-elle encore un sens? Désepérées, elles s'asseoient et pleurent devant le vide qu'est devenu leur existence.
A l'entrée de Lyon 2. Les évènements sont plus que tendus. Une dizaine d'anti-bloqueurs ont donné l'assaut. En temps normal, çà n'aurait pas posé de problème, mais là, il ont attaqué avant 14h et la plupart des fiers guerriers de la lutte sociale n'ont pas encore émergé de leur juste sommeil réparateur après une dure nuit de... réflexion. A la tête de quelques vaillants étudiants, Filsdecrao et Captain K tenyent de repousser l'attaque. "Vous ne passerez pas bande de fascistes!", s'écrie Captain K. Quelle ne fut pas son erreur? Ravachol qui tenait jusque là vaillament l'aile nord de la barricade se retourne vers lui. "Mais je suis déjà passé qu'est-ce que tu racontes?". Tout s'est alors joué très vite. Profitant de l'occasion, les anti-bloqueurs fondent sur Ravachol et les maîtrisent. En quelques instants Filsdecrao et Capain K sont encerclés. C'est alors que l'espoir revint. des renforts. Ils sont... trois. "Marlène", sécrie filsdecrao sans savoir s'il doit se réjouir ou non de ce renfort de militants, "ils sont en surnombre, vient nous aider". "On peut pas", répond Marlène "On a une diff à RVI et après on va au McDO. Bonne chance contre les anti-bloqueurs". Désesprérés, les deux défenseurs echangent un dernier regard. Captain K pense au N°6 qu'il ne verra jamais. Filsdecrao lance un regard fugitif vers le nord. Ils rafermissent leur prise sur leurs barres à mine, se positionnent dos à dos et...
Tout se passe très vite. Cinq anti-bloqueurs ont déjà rejoint leurs ancêtres. Deux autres ne vont pas tarder à le faire. Mais ces odieux personnages sont encore en surnombre. Soudain, ils tournent le regard, arborant une expression d'effroi et, lachant leurs armes, ils s'enfuient. C'est alors qu'apparaissent une vingtaine d'étudiants, sales et mals rasés avec à leur tête un individu des plus étranges. Il porte une veste de costard, un pantalon en velour et des baskets Adidas. Sa barbe, composée de 5 poils et demi et ses cheveux sont aussi inentretenus que ceux de ses compères. Il fume une roulée. "Content de te voir Alex" marmona Filsdecrao. "Alors, les syndicats bourgeois ne peuvent plusd tenir les portes. Heureusement qu'on revient de notre manif pour bloquer les dépôts de camions poubelles. D'ailleurs, il y a 30 personnes qui se sont fait arrêter. Il va falloir occuper la Préfecture pour les faire libérer"

L'ambiance est houleuse dans la Halle des Sports. Depuis cinq heures, on s'affronte sur la question du blocage, des manifs et de la pertinence de rajouter à la plate-forme de revendications la sauveragrde des pingouins chauves d'Amazonie. Les plus attentifs ont déjà pu remarquer que 73 actions ont déjà été proposées pour le lendemain et qu'elles sont en passe d'être touts votées.
-Si ont veut se faire entendre, il n'y a qu'une solution : un die-in sur le périph nord (poil au corps)
-Le blocage est pas démocratique et moi j'ai payé pour étudier (poil aux pieds)
-A Stalingrad, l'armée rouge a... TA GUEULE SAMY !
-Il me faut 70 pesonnes pour une diff à Bosch Vénissieux (Poils aux yeux)
-Et si on faisait le die-in à St Exupéry (poils au zizi)
-Je veux être déléguée à la Coord TA GUEULE MARLENE !
-Et ma liberté de...
TA GUEULE

C'est le soir, Captain K se prépare pour le grand évènement de la jounée. Le comité de rédaction pour préparer le n°6 du Cri du Fennec. Mais quelque chose ne va pas. Où sont-ils ces cons de rédacteurs. Pourquoi il n'y a que Juliet et Laureline à cette réunion?
"Ben... Steph et Fanch ont braqué la MPU et sont en train de vider les flacons d'alcool à 90°, Serge est séquestré par la 4e Internationale parce qu'il a dit que les inédits de Trotskys rééditées aux éditions Cronstadt c'était moisi. Ravachol est au téléphone avec le Petit Larousse pour leur expliquer qu'il n'ont rien compris au sens du mot fasciste et qu'il faut le laisser réécrire l'article. Et nous on est là parce que décidément, le programme du service culturel saison 1974/1975, çà se vent mal, même aux premières années.
Captain K laisse échapper un soupir. Le regard perdu dans le vide, Il part seul sur les hauteurs du campus. De là, il voit tout. Les cars de CRS, les anti-bloqueurs, les trotsksites... Au loin, il aperçoit le local de l'UNEF. Il y a de la lumière. Comme tout était plus simple en ce temps là se dit-il pour lui même. Même les tueurs engagés par Hélène lui paraissent maintenant dérisoires. Il se tourne vers le Soleil couchant, les bras en croix, conscient du ridicule de la situation.

Le N°6 sortira. J'en fait le serment !
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Steph
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MessageSujet: Re: Le Cri Du Fennec, gloire, beauté et révolution de salon   Ven 4 Aoû - 19:02

Jour 4: Bakounine plus pack de kro= la tête des totos


Le jour se lève sur le campus encore et toujours occupé.
Tout le monde dort sauf Ravachol, qui n'a pas supporté d'avoir été débordé par les anti bloqueurs, Fanch et Stef, qui n'ont plus d'alcool (allez dormir avec tous ces tremblements!).
Tout le monde leur a dit que quatre personnes pour bloquer l'entrée principale ça ne suffisait pas. Mais Capitaine K a précisé qu'un fasciste plus deux alcooliques en manque cela pouvait être efficace pour le seconder. Ravachol n'a pas supporté d'entendre ça et a mis une énorme baffe dans la tronche de celui-ci. Résultat: ils ne sont que trois car Capitaine K a eu le nez pété (et comme Stef et Fanch ont même bu le mercurochrome, il est dur de soigner les blessures). On comptait aussi sur Filsdecrao, mais il est traumatisé d'avoir été content de voir Marlène et est parti à Vinatier avec Riet pour s'en remettre (ce n'est pas grave mais tout de même, c'est un sale trauma).
7h40: les antibloqueurs arrivent pour reprendre leur fac. Ils se sentent forts cette fois. Ils ont ramené des Boneheads apolitiques (tout le monde est apolitique chez les antibloqueurs, c'est connu).
Leur erreur est fatale. sentant la bière couler dans les veines de leurs adversaires Fanch et Stef se ruent sur eux. Stupeur dans les rangs quand les skins s'écroulent, vidés de leur sang. Fanch leur fait sa spéciale en vomissant du sang sur Yann du CLE, alors que Ravachol viole un jeune, qui tentait une "initiative individuelle", avec une chaise de la barricade. Cette fois, le CLE s'enfuie dans des cris de terreur. On entendra pas parler d'eux pour aujourd'hui se disent-ils. Pour fêter ça, Fanch et Stef vident les poches de leurs ennemis vaincus et partent au leader price acheter de la shoenbrau...

Marlene et ses sbires reviennent de leur diff à RVI avec leur Mc Morning un peu trop tard. Ce qu'ils voient les horrifie. Les anarchistes se sont levés avant 14h... Ils ont contre attaqués en installant leur stand bouffe bio à l'entrée.
"Nous sommes bloqués!!! Allons nous replier sur l'amphi Cassin"
C'est à Cassin que Julien et Samy les attendent. Samy pleure. Il s'est fait corriger par Juliet et Laureline qui n'ont pas aimé comment il a repoussé l'impérialiste du 491. Il pleure aussi car il se retrouve au milieu de personnes qui n'aiment pas Staline. Les cons. Il sort et croise le président de l'université. Un seul regard leur suffit. Ils se reconnaissent comme étant leur autre...

Capitaine K s'est remis de la baffe et trouvé du coton pour arrêter son saignement de nez (faut dire qu'on pouvait pas le boire dit Fanch). Ils sont tous là, sauf Riet qui s'occupe de Filsdecrao au hp. Même Chloé est revenu à pieds du Forez (ce qui est plus difficile que d'arriver à pieds par la Chine).
"-Ca va mieux? lui demande Stef
-Ouinn (ça veut dire ouais mais avec le coton dans le nez...)
-Désolé, ça a été plus fort que moi. Fallait pas me traiter de situ...euh, non, de... Tu sais quoi.
-Pardonné. On se la fait cette réunion?
-Pourquoi pas. J'ai eu Capu au téléphone, elle arrive en courant. Elle nous a donné raison comme quoi c'était pas intelligent de jeter des cockails molotov sur le club de boxe thaï de Bron. Elle est toute seule, les autres sont à l'hosto.
-Youpi. Qui a des articles?
-Ben, personne (réponse collégiale des rédacteurs)"

Capitaine K retombe dans les pommes...

Le temps que le rédac'chef reprenne ses esprits, Juliet et Laureline sont retournées vendre des numéros 2 pas écoulés aux policiers qui n'arrivent toujours pas à faire leur créneau. La réunion est encore reportée...

Il n'y a pas eu d'AG aujourd'hui. Tout le monde prépare la manif du lendemain et prépare les tours de garde pour la nuit et le lendemain. Tout le monde veut que Ravachol, Fanch et Stef fassent tous les tours de garde. Mais bon, faut pas exagéré, on reste des humains quand même. Stef vomi de la mousse de bière sur Samy pour faire rire Fanch. Mais Samy s'en fout. Il est troublé par sa rencontre avec Claude... C'est sûr que cette nuit, il ne dormira pas... Claude non plus d'ailleurs.

Il est 23h. Les employés des pompes funèbres viennent chercher les corps des boneheads qui étaient en train de pourrir devant l'entrée principale. Les corbeaux les ont déjà attaqués. Ils vont vite. Même si ils ont des crucifix et de l'ail, ils ne se sentent pas en sécurité. Ils entendent pleurer. Ils trouvent un jeune assis sur une chaise dans le mauvais sens...

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Captain K
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MessageSujet: Re: Le Cri Du Fennec, gloire, beauté et révolution de salon   Ven 4 Aoû - 19:38

Jour 5: Les trostkos contre-attaquent.

Les anars du repas bio sont déjà debout. C'est le jour de la livraison de tofu deshydraté et d'herbe à chat par un pote qui dirige une communauté de babacools du côté de St-Martin d'Ardèche. "Y'a rien de mieux pour labourer les champs quand ces cons courent à poil après les poules." Bougabouga, qui a réussi à passer à travers les cars des gendarmes mobiles judicieusement camouflés sur la voie du tram, reconnaît son voisin, et ils se racontent des blagues d'ardéchois.
Vers midi, Steph et Fanch, résolus à trouver quelque chose à boire, se sont rabattus sur le produit à vitre laissé dans un chariot de l'équie de nettoyage du campus, à côté des chiottes de l'amphi Cassin. Il voient Samy sortir des chiottes avec un L2 Magazine. Il a passé une nuit torride avec la photo de Claude. Ils lui lancent quelques insanités, puis vident un flacon de désinfectant à gogues.
Captain K, après ses émotions de la veille, s'est beurré la gueule à coup de pastis pur, qu'il a trouvé dans la réserve d'urgence du service de la vie étudiante. Il hurle à qui veut l'entendre qu'il va rédiger tout seul son putain de numéro 6, qu'il encule les fascistes situs et l'anis parce que c'est dégueulasse. Filsdecrao se dit alors en lui même qu'il pourrait facilement faire revenir ce chacal puant de décompositionniste dans le droit chemin. Mais il est doublé par les tueurs engagés par Hélène. Manque de bol pour eux, c'est à ce moment là que les Trotskystes décident de passer à l'attaque.

En effet, après leur diff à la sortie du personnel de nuit d'Auchan, ils se sont retrouvés, tous Julien, Marlène, et euh, deux trois autres, pour faire une grande assemblée générale de reprise en main des opérations de recrut... de révolution.
Avançant en croix, ils tentent de reprendre le bâtiment L. Ils croyaient tomber sur une bande de décompos bien crasses. Mais alors que la bataille s'engage, ils s'aperçoivent que c'est l'Unef, quand Hélène débarque avec une machette en hurlant "A mort Olivier Besancenot!".

La Capitaine est donc sauvé, puisque les tueurs ont répondus à l'appel plus urgent de taper des types au moins aussi organisés qu'eux, beaucoup plus dangeureux que les rédacteurs du Cri. Il s'évanouit, comme d'hab.
Juliet et Laureline, en manque de 491, ont trouvé un autre filon. Elle ont récupéré des petites plules de laxatifs à la médecine préventive, et elles les vendent en disant que c'est de l'exta. Ravachol, qui jusque là était resté sur un toit à relire Vanegheim pour savoir si Guy Debord était un membre du Klu Klux Klan, se fait avoir et vide ses entrailles par le cul en lisant un poème écrit sur la porte des chiottes pour un certain "Claudinet".

Neil, qui passait par là pour jeter un coup d'oeil, hallucine grave. Heureusement pour nos amis, il n'était pas venu les mains vides. Il avait récupéré 5 fûts de blonde à la caserne de Bron.

L'espoir renaît dans les rangs de la rebellion.

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MessageSujet: Re: Le Cri Du Fennec, gloire, beauté et révolution de salon   Ven 4 Aoû - 20:17

Jour 5 bis, la légende en marche...

Alors que le campus de Bron s'apprête à faire la sieste (ben ouais, on se lève à 14h, mais vu ce qu'on enquille, à 15h, c'est l'heure du repos du guerrier), les rares personnes qui tiennent encore debout se rappelle qu'il y a une manif de prévu à 16h. Le trajet, déposé par Alex est un peu flou : Jean Macé-Grange Blanche-Bellecour-Rue des tables claudiennes (il a laissé son portable à l'atmo en fait)-Bourse du travail-parc de la tête d'Or.

Il commence à relever les loques posées à terre, aidés par Samy et son mégaphone (bien que Samy hurle le nom de Journès sans aucune raison apparente). Pendant ce temps, Anthony explique à deux jeunes première année, qui viennent d'acheter l'intégrale des numéros de Bagoo, le magazine des jeunes de La Poste à Laureline et Juliet, que la lutte de classe nécessite forcement la violence et que si elles veulent débloquer la Fac il va leur casser la gueule avec ses copains du service d'ordre de la CGT. Elles ont beau bredouiller qu'elles lui ont juste demander où étaient les toilettes, il continue son discours, insultant au passage Zardoz qui, venant de se lever se dirigeait vers la Fac. Conscient de ses lacunes depuis ses discussions avec Steph, Zardoz lui colle un bourre pif, tout en n'omettant pas de lui rappeler que ce n'a rien de personnel, c'est juste que bon, lui aussi il veut se la raconter en soirée.

Le cortège se prépare, avec steph qui court partout, demandant à la fois de ne pas partir à trop pour ne pas se faire reprendre la fac, et à la fois de passer chez liddle, il parait que la bière est meilleure là bas. Fanch confirme. Ou tout du moins, semble faire un geste pour confirmer, mais bon, le vomi, ça colle un peu.

Les 50 étudiants partent donc rejoindre le cortège commun, en passant devant les flics qui relisent le code rousseau, notamment le chapitre "créneau". Ravachol, pour faire le mariole, demande s'ils ont lu le chapître sur la nature et l'état, mais bon, ça ne fait rire que lui, donc, il vous emmerde. Comme d'hab reprennent en choeur les membres du Cri du Fennec, sauf Captain K, qui s'est évanoui en voyant un de ses rédacteurs s'approcher de la police.

La Manif est massive et le petit groupe se sépare. Samy rejoint les choeurs de l'armée rouge, Alex prend la tête du cortège unitaire étudiant (même si il n'y a qu'Anaïs dedans et que ça lui pose un problème du point de vue de la domination sexiste), Juliet et Laureline récupère "Rouge" (que Captain K leur a défini comme le dernier journal révolutionnaire) et vont le vendre aux badauds. Steph appelle toutes les 5 minutes pour dire "ça va mal, ça va mal, ça va mal" mais bon, tout le monde comprend que c'est juste le manque. Ravachol va avec les anars avec Serge, mais reste à l'écart parce qu'il a vu un anar fasciste en tête et que bon, il en a un peu marre qu'on ne lui parle que de ça. Serge à répérer un chihuahah dans le cortège de la FSU juste derrière, et va l'éclater, parce que bon, il est vraiment trop moisi. Captain K va rejoindre l'UNEF avec filsdeCrao, qui se frotte les mains avec un air qui se veut sournois, mais qui n'arrive qu'à exciter Hélène, qui se reprend vite. Les gauchistes, c'est rigolo, mais bon, en même temps c'est pas drôle. Donc hein bon. Y'a marre. Elle détourne la tête parce que là, elle a envie de pleurer, surtout que Martin vient de sortir une blague vaseuse en lui touchant le cul.

Zardoz, avec son vélo va rejoindre les choristes de la CNT, soutenu par Chloé... Cependant, après 5 reprises de la Makhnovitchina et 12 de "fais moi mal Johnny", il pête un calbe et retourne à Bron, à ses vraies amours, la picole avec Fanch et Steph.

La populace, épuisé par le périple, va se vautrer dans l'amphi Laprade. Juste à temps pour apercevoir Julien tout seul sur la tribune. Il faut dire qu'il est arrivé avec deux heures d'avance pour être sûr d'être là. Quand Ravachol l'apostrophie en lui disant, "eh la ruelle sombre, tu fais quoi là ?" et il répond tout fier "t'avais qu'à être là en réunion préparatoire, on a voté la tribune et j'ai été élu". Marlène et Quentin se jette alors sur lui parce que bon, des coups de putes, ça se fait aux autres et pas entre trotskystes. Ca sent la nouvelle scission fredonne Captain K, tout heureux de voir qu'il existe encore plus ridicule que son asso.

L'AG est houleuse, l'UNEF fout le bronx, les trosko font voter des actions (balle assise devant la préfecture et poule, Renard, Vipère sur la place des terreaux), Samy écrit des poèmes pour Journès et Ravachol traite la tribune de fasciste. Quand Serge lui rétorque "c'est toi le fasciste", il part bouder. vite rejoint par Captain K qui a osé parler du numéro 6 à Serge. La réponse fut visiblement à base de moisi, étant donné que c'est le seul mot discernable au travers des sanglots du pov'rédac'chef.

Finalement, toute l'équipe rentre à Bron, les réserves d'alcool sont pleines, l'optimisme de rigueur (malgré la nouvelle grande idée de Capu qui a décidé d'emmener deux cent lycéens à Saint Exupéry pour se coucher sur les pistes d'atterissage). La fine équipe passe devant le SAMU, toujours affairé à décoincer la chaise de l'anus d'Initiative Individuelle.

Les CRS sont retournés à leur caserne, l'air légèrement dépité. Mais un peu moins que celui des manifestants en découvrant le repas à base de Celeri/Betterave/Cardons que leur ont préparé la commission bouffe. Seule Chloé jubile, proposant d'y ajouter une soupe de pois chiches.

La nuit tombe, et tout le monde s'endort, plein de rêves pour la journée du lendemain.

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Steph
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MessageSujet: Re: Le Cri Du Fennec, gloire, beauté et révolution de salon   Ven 4 Aoû - 21:32

Jour 6: vive la démocratie, à bas l'autorité (poils aux pieds)


Enfin, enfin, ENFIN. La première réunion du CDF se fait. Capitaine K jubile en son fort intérieur. Y a assez d'alcool, Serge a été baillonné pour pas qu'il dise moisi, Ravachol a mis des boules quiès "au cas où". tout le monde est là, et tout le monde l'écoute (ou presque). Le seul bémol c'est Capu qui parle super fort (et beaucoup, et vite) car le décollage du vol 513 à destination de Genève lui a explosé les tympans (et explosé une cinquantaine de seconde STT du lycée Ampère). Tout se passe sans problème majeur. Laureline a profité de ses temps de pause, entre la vente de Plus (le magazine des abonnés de Canal) et de Valeurs Mutualistes, pour écrire un article sur les malheurs des pompistes de la station souterraine de Bellecour, membres d'un comité de libération des nains de jardin. Chloé s'insurge sur la condition déplorable des choristes dans le film du même nom, dans un article enflammé contre ce sexisme (y a que des mecs comme stars dans ce film...). Et Stef a comme d'habitude écrit un article sur son frère et sur son groupe (on dit rien, mais on n'en pense pas moins, mais c'est le coté social du journal) et un article trop long (comme d'hab) sur la religion et le rap.
Tout à coup, Capitaine K se rend compte qu'il n'a ni fait sa chronique BD, ni son édito...
Et toute l'équipe se met à se foutre de lui. Il retombe dans les vapes...

Il se réveille en plein milieu de la halle des sports 1...

L'AG a commencé depuis une demie heure mais rien n'a été dit encore. Faut que tout le monde s'installe. Le président de l'université a, le matin même, incité tous les étudiants à venir débloquer la fac. Les anti blocage n'ont pas tant répondu que ça, le souvenir du quatrième matin ayant été douloureux. Mais Claude a fait venir pas car des étudiants non alignées pour remettre de l'ordre dans ce foutoir. La première demie heure est chaude. Les bloqueurs veulent faire une "Ravachol" (ce coup spécial a été baptisé en l'honneur de son inventeur) à Journès. Samy, dans un élan de courage, se place entre les deux camps (en se faisant traiter de social traitre pas ses camarades---2 personnes).
"-Samy, dégage.
-Non, rappelez vous qu'en oct
-Ta gueule Samy.
-Je ne bougerais pas, comme Lén...
-TA GUEULE"

La diversion avait pourtant fonctionné. Claude Journès a pu fuir entre temps. Ses pensées vont alors toutes vers ce jeune Che Guevara qui lui a montré son transport une fois encore.

L'AG commence dans un brouhaha sans nom. La tribune est tout d'abord présentée. Tient, elle ressemble à la dernière, se dit Ravachol.
Eh oui, Julien, Marlène, Hélène, Antony et Yann du CLE, encore rosé par le sang vomi sur lui.
"-C'est ça la démocratie? s'insurge Stef qui vient de s'apercevoir que la bouteille de picon est vide.
-Ecoute, toute les tendances sont représentées...
-Ta gueule "ruelle sombre", envoie Ravachol
-Arrêtez de crier (Marlène)
-Poils au pieds (Filsdecrao, beaucoup plus en forme que la veille)
-On se tait et on s'écoute (Hélène)"

Les rédacteurs du CDF se déplacent discrètement après leur acte héroïque pour ne pas se faire attraper par les porte-flingues de l'UNEF.
Quelques 4 heures plus tard, les votes commencent dans une atmosphère électrique à souhait. On entend les murmures, on est encore majo courir...

"-Pour le blocage de la fac. Y a t'il une explication de vote? Oui. Qui fait le contre? Yann. Le pour. Alex? (aïe se dit Marlène)
Yann: Le blocage c'est pas bien. Les commerces sont en train de mourir à cause de cela. Les étudiants rateront tous leur année et finiront caissiers chez Quick (on est déjà caissiers chez quick connard!). Laissez moi parler!!! Nous, membres du CLE (poils au nez... On t'as reconnu Filsdecrao) sommes pour le blocage et contre la grève euh non, pour la grève mais contre ce moyen anti démocratique d'agir. Trouvons d'autres solutions. Ceux qui veulent peuvent faire une grève de la faim (et ta mère... On t'as reconnu Stef) et...
-Merci mais la minute est finie
-Je finis et...
-Ta gueule (réponse collégiale) (des insultes de poujadistes fusent, l'ambiance monte encore)
-Alex
Alex: Vous croyez qu'on fait ça pour rire. Bon, on peut rire. Mais comme étudiants, on pourrait parler de Bergson. Bref. On se défend, on vous défend. Prenez cela comme ça. Et puis on ne fait pas que fumer des pet' même si c'est cool. Nos camarades des autres universités bloquent leurs facs aussi (gauchiste, fasciste rouge... La personne qui a dit ça a été retrouvée trois heures après avec une chaise plantée dans l'anus, on ne sait pas de qui ça vient mais on a des doutes). Et puis, ben venez voir ce qui s'y passe, On se bat pour une loi dégueulasse. Et les premiers à avoir bloquer c'est le gouvernement. Alors...
-Merci Alex. (Les insultes pleuvent aussi, l'ambiance est au paroxysme)
-Ceux qui votent pour à gauche et ceux qui votent contre à droite."

Le suspense ne dure que peu. Les trois quarts de la salle sont pour le blocage. Les anti blocage partent dépités en menaçant avec violence pour la suite du mouvement. Les bloqueurs sautent dans les bras les uns des autres, ce qui donne la scène cocasse entre Samy et Marlène. Pour Marlène, cette étreinte lui fit un effet boeuf...

Les bouteilles de Jeanlin pètent durant cette soirée. La victoire est en eux pour le moment. La perfidie des autorités de l'université n'a pas empêché le mouvement de durer. La lutte continue et la démocratie a gagné (poils aux pieds..Ta mouille Filsdecrao)[/i]

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MessageSujet: Re: Le Cri Du Fennec, gloire, beauté et révolution de salon   Sam 5 Aoû - 13:24

jour 7 : Une journée (presque) banale...


Un nouveau jour se lève sur le campus de Bron. Comme tous les jours, les mêmes personnes se retrouvent dans le tram de la ligne T2 : ceux qui, eux, ont une vie de couple et les "représentants" de la comission bouffe avec leurs cartons de trucs verts dégueu et indéfinissable qu'ils ont récupéré au marché bio de la Croix Rousse.

Dans cette foule mal réveillée qui se dirige vers la fac, se trouvent Laureline et Juliet, qui ont eu la bonne idée de ramasser tout les 20 minutes, Lyon Plus et Métro sur leur chemin afin de les vendre (la fac n'étant plus approvisionnée).

Leurs premiers gestes de la journée sera de faire une tournée d'inspection (sauf Martin qui joue l'inspecteur des trvaux finis) puis de réveiller la bande d'alcooliques... euh d'étudiants qui a passé le week end dans l'amphi D.

Parmi cette bande de joyeux drilles se trouvent la rédaction du Cri du Fennec. Captain K s'était dit que s'il enfermait tout son comité dans une salle pour le week end, la mise en page serait faite, les articles réécrits voire même écrit pour certains. Mais, sentant venir la supercherie, Ravachol et Serge ont enfermé Captain K dans les toilettes (il faut le dire) les plus sales de la fac.

Il est 8h, pas de CLE ni autres étudiants en vue donc le café coule ainsi que le ricard pour Steph, Fanch et Zardoz parce que vaut mieux attaquer tôt parait-il. Certains se posent des questions sur ce calme incroyable, Laureline et Juliet craignent pour leurs ventes. Mais la réponse s'impose d'elle-même : on est lundi et le lundi tout nos jeunes étudiants en demande de liberté d'étudier et tralalala sont en plein week end prolongé à St Trop' ou autres lieux où ils pourraient soigner leurs frustration sexuelle.


9h : la réunion préparatoire de l'Ag préparatoire de l'AG de 11h doit commencer. Les forces en présence sont là, enfin les 5 personnes au courant de ce genre de réunion. Ainsi, Marlène, Julien et Quentin arrivent requinqués par les 3 tracts distribués à RVI, Alex était déjà présent avec un petit programme, un carnet pour les tours de paroles et plein de projets de tracts. Mais il manque Hélène. C'est pas grave, on s'en fout se disent les autres. Pour l'anecdote, elle sera aperçue sortant d'une salle de cours essouflée, et épuisée avec... Le mystère reste entier.


11h : l'AG commence et elle ressemble pas mal aux autres AG excepté le calme qui réside ... La tribune est la même, les idées à la con sont les mêmes, les actions votées à la con sont les mêmes aussi... Mais pourtant les insultes venant du fond de la salle manquent. Normal, le forum est bondé de jeunes étudiants picolant à souhait.

Parmi eux, Ravachol qui relit pour la vingtième fois le même bouquin et qui raconte pour la énième fois la même histoire à des jeunes étudiants de première année qui ne comprennent pourquoi tout le monde s'est cassé dès la première phrase (putain mais on la connait déjà cette histoire bordel). Il a un oeil au beurre noir et le poignet cassé après avoir proposé les seins nus comme tenue officielle de vente à Laureline et Juliet qui nont guère apprécié cette remarque perverse.

A quelques pas de là Steph, Fanch et Zardoz tentent de se contrôler pour ne pas boire toutes les réserves d'alcool de la semaine afin d'éviter le manque. Captain K reste manque toujours à l'appel, Serge ne se rappelant plus où il est enfermé et de toute façon il s'en fout il vient d'apercevoir un caniche noir et Ravachol est plongé en pleine reflexion philosophique sur le fascisme (pour changer).

La journée se terminera comme elle a commencée : café, clopes, ricard et reflexion.....
Bref, une journée presque banale dans la vie de pauvres étudiants....
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Filsdecrao
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MessageSujet: Re: Le Cri Du Fennec, gloire, beauté et révolution de salon   Sam 5 Aoû - 14:53

Jour 8 : Où l'on prend des décisions pour l'avenir.


Ce matin, le soleil se lève au zénith.
-Wahhh. On a bien fêté la reconduction du blocage, déclare Alex.
-Ben c'est pas grace à toi qu'on la reconduit, lui répond une voix aigrie et pâteuse.
-Quoi ! Mais ce sont mes actions héroïques qui...
-Tu veux dire emmener 150 personnes occuper la préfecture deux minutes avant le vote du blocage. Ben...
Sur ces entrefaites, le Soleil continue sa course et l'heure fatidique approche. 14h, le réveil des guerriers. Un à un, ils se lève descendent 4 ou 5 litres de café et vont prendre leur place sur les barricades sous l'oeil appréciateur de Steph, heureux que personne n'ait encore découvert qu'il a pillé le cave du directeur de l'institut de psycho et qu'il stocke une trentaite de bouteilles d'alcools divers en prévision de l'après midi.

La matinée est plutôt calme. les trotskistes ne sont pas encore revenus de Saint Etienne. Sur une suggestion de Captain K, ils sont aller provoquer le soulèvement des mineurs pour rejoindre la lutte du peuple et la fraction de LO (pour construire un grand parti ouvrier marxiste-trotskiste révolutionnaire tétra-internationaliste dans ta gueule). Mais auljourd'hui, l'heure est aux considérations terre à terre : la bouffe. La commission bouffe s'est réunie et s'empoigne sur des débats identitaires et essentiels.
-Il faut servir du café équitable en solidarité avec le tiers monde.
-Pas question. Max Havelaar, c'est une multinationnale capitaliste qui fait des profits en n'exploitant pas les paysans. Non, il faut acheter notre café directement aux petits producteurs de Colombie.
-Mais en Colombie l'argent sert à alimenter une guérilla stalinienne et...
-Je te laisserais pas dire que les FARC sont staliniennes et...
-Vous y êtes pas, les FARC c'est...
-Et si on achetait notre café aux indiens du Chiapas, comme çà on est tous d'accord.
-Ils font du café les indiens du Chiapas?
-Je sais pas, mais sinon on l'achèteras à leader price.
(Secouage de mains)

C'est la fin de la réunion. La plupart des membres de la commission bouffe sont partis acheter des outils de jardinage. Sur une suggestion de Steph (on ne sait pas ce qu'il foutait là) il a été décidé qu'on produirait ses propres matières premières et que les denrées les plus urgentes étaient l'orge et le houblon. Les plantations peuvent commencer. Steph quand à lui, laissant aux personnes compétentes la mise en oeuvre de ses brillantes idées est parti évacuer sa vexation en vidant deux ou trois bouteilles de 51 psychologiques. Il faut dire qu'à la réunion, il arencontré Jeff qui, alors que Steph le mettait au courant de sa contribution à la construction de la fac lui a répondu que c'était lui que l'avait construite et qu'il l'avait même pas vu et que c'est pas un gamin qui allait lui raconter des histoires. Steph est parti, boudeur
-C'est quand même pas un socialiste de merde qui va m'expliquer comment on construit une fac et d'abord... gloups (rideau, c'est pas beau à voir)

Filsdecrao est perché sur les hauteurs. C'est son lot. Il faut surveiller les environs et au dessus de 5g/L, c'est pas facile de grimper. Il pense. Il pense au message qu'il vient de recevoir de sa chère et tendre. Non. Le devoir avant tout. Pas de sentiment, pas de colère, pas d'amour. Un militant de l'Unef ne doit connaître que la paix, dans le force... Euh non, bref. Il ne doit pas penser à autre chose qu'à la lutte du peuple. Pas dégueu cette prune d'hier soir... Ah merde. Faut penser à autre chose. Il redescend cogner des anti-bloqueur, çà détend. Parce que franchement y en a marr, marl... Ah non, putain. Je vais aller défoncer des trotskistes plutôt, çà me changera les idées.
Il se dirige vers Le tram direction Porte des Alpes. Soudain, un éclair de lucidité. Ce message. Elle revient avec... Helle machin chose. La Sociale démocrate qui disait des trucs qui avaient l'air vachement bien mais que c'était en Danois donc on comprenait pas tout et même plutôt rien mais que çà avait l'air bien quand même. Et si c'était çà. Ce qu'il faut à tous ces conn... camarades de lutte. C'est un but commun. Voilà l'oeuvre historique à accomplir. Il faut renverser Villepin et le remplacer par Helle truc-chose et ce sera le grand soir. Le temps de la Sociale démocratie viendra, les lendemains chanteront, de la moutarde coulera à flot dns tous les hot-dogs du monde, le robinet de la salle de bain versera de la Carlsberg, Le Cri du Fennec sortira à l'heure, sans être moisi, Samy dira des trucs intelligents... Ah, la gloire, la beauté pour tous. Voilà ce qu'il nous faut Une Révolution... de Salon
RAAAAAAAAAHHHHHH !!!!!
L'espoir renait. Du moins il en est convaincu. Les autres, c'est moins sur. Pourtant... Il suffira de convaincre le syndicat que c'est bien Helle bidule qu'il faut mettre à la tête de l'Etat et pas BJ, convaincre Samy, Alex, les anars, les trots... non eux ont leur offre un aller simple pour faire de l'alpinisme à Mexico.
Il en est sur, pour lui commence une nouvelle croisade.

Pendant que Filsdecrao se perd dans ses rêves de grandeur, le temps passe. chacun occupe son temps. Particulièrement au forum ou deux malheureux anti-bloqueurs ont été capturés le matin même alors qu'il rôdaient autour de la réserve secrète de Fanch. Faut pas rigoler avec ces choses là.
Immédiatement, le comité de rédaction du Cri du fennec a eu une idée brillante. Les torturer pour pouvoir boucler le n°6 avec les stratégies secrètes du CLE. C'est Ravachol qui s'en charge.
Celà fait maintenant quatre heures que les deux malheureux sont livrés à leur bourreau qui a entrepris de leur ouvrir l'esprit en leur lisant "Les chants de Maldoror", version augmentée des commentaires du lecteur. Celà fait d'ailleurs 3 heures et 53 minutes qu'ils ont avoué jusqu'à l'assassinat de Kennedy et le massacre de la Saint Barthélémy. Il s'appretent d'ailleurs à balancer leur commanditaire pour la grande peste de Marseille.
Mais Ravachol est possédé par sa lecture. un seul doute l'assaille pourtant. Ne lui a-t-on pas dit qu'il s'agissait de méthodes fascistes? En attendant de trouver la réponse à cette épineuse question, il continue. Qu'a dit Raoul Vaneigem à ce sujet? Il continue.

C'est sur ces évènements que le Soleil commence à déclner. Les capsules et les bouchons sautent. Il va falloir être en forme demain, prenons un remontant.

La nuit est tombée. le campus dort. C'est à peine si on entends, au loin, une voix déclamant Lautréamont, et quelques gémissements étouffés.
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MessageSujet: Re: Le Cri Du Fennec, gloire, beauté et révolution de salon   Lun 7 Aoû - 13:40

Jour 9 : AG de blocage


Ce matin, il a fallu réveiller les loques tôt, l'AG ayant été fixé à 11H. Le CLE semble avoir de plus bien recruté. Steph court dans tous les sens disant qu'on va perdre. Il en profite pour appeler à la rescousse tous ses copains de la fac, ce qui en fait du monde. Les étudiants, difficilement debout à cette heure matinale, arrive petit à petit.


"Ouais, on va voter le blocage, et après, on va boire de la bière"


L'AG commence forcement par des insultes et de la finesse. Sauf que cette fois, c'est Catapin K qui insulte la tribune, Ravachol étant resté sur le toît à lire lautréamont (il vient de découvrir qu'il n'avait jamais lu que les deux premières pages, les gens s'endormant toujours à se moment là). Le problème, c'est que Catain K se fait défoncer par Hélène qui lui rappelle qu'elle a encore des dossiers sur lui. Le rédac'chef s'évanouit. Fils de est troublé par tant d'autorité...


"Ta Gueule Captain K, la tribune est démocratiquement aux mains des orgas !"


On commence avec un anti, qui vient nous faire la morale comme quoi elle ne peut plus étudier. Quand on lui rétorque qu'elle peut aller à la BU ou au sentier, elle répond qu'elle ne voit pas ce qu'elle va foutre dans le quartier juif de Paris.


"Vous n'aurez pas ma liberté d'étudier"


Le débat se poursuit, toujours aussi original... Quentin le rouquin en appelle au renversement des facteurs de production de l'université, ce qui pose un petit froid dans la salle, sauf chez les trotsko qui applaudissent à tout rompre. Marlène et Julien apprécie énormement.


"Ce coup là, je suis sûre qu'on recrute au moins trois personnes, l'avant garde prolétarienne est presque prête."


Finalement, le vote se passe sans encombre, surtout que l'entrée de Nikita dans l'amphi, teckel ensanglanté dans la main, a fait fuir les anti blocage.


"Je veux un autre chien"


L'AG se sépare, seul reste ceux qui veulent se faire élire aux coordos et ceux qui veulent préparer les actions de la journée. Soit les 12 trotsko, les stalino maoïstes et cCapu. Au loin on aperçoit Samy, tout à son bonheur.


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MessageSujet: Re: Le Cri Du Fennec, gloire, beauté et révolution de salon   Mer 9 Aoû - 23:06

Jour 10 : quand l'élite s'en mêle...

Ce jour-là, suite à l'appel donné par une série d'affiches en papier dégueulasse, les gentils étudiants l' IEP (Institut des pseudo-Elites Prétentieuses) sont invités à se masser dans le grand amphi. Des bruits de révolution courent... Les gentils bobos gauche caviar se disent autour d"un café bio-équitable que ça peut avoir un charme fou de se rebeller un peu contre Papa-Maman, les rallys trop oppressants et la gestion de leurs stock-options...Parce qu'après tout, eux aussi, ils sont de gauche, même si les pauvres, ils n'aiment pas trop ça, ça sent mauvais un pauvre.

Les voilà donc tous assis, rassemblés devant des professeurs là pour leur faire une conférence. Ca se passe comme ça ici. On fait des conférences, faut se cultiver quoi.

Ils applaudissent sans bien comprendre de quoi on leur parle, décident que oui, c'est vrai, une manif ça peut être charmant. Ca leur donnera l'occasion de voir des gens différents, enfin le reste du monde qu'ils ne côtoient jamais (sortir de son rang c'est compromettant...).
Et là, hop, les petits de première année qui gesticulent en bas leur proposent de bloquer l'IEP en signe intense de profonde rébellion. Chouette pensent-ils, on pourra enfin se le faire ce petit voyage de trois semaines en Inde ou notre semaine en Tunisie!!! On est pour, on est pour!!!
Et pis, on est intelligents, on va faire des actions chocs. Genre passer des films (suivis par quatre personnes), des conférences, chanter dans la cour comme des Hara Krishnas!!
On pourrait même trop se coucher sur les rails du tram, c'est bon ça!! Le premier qui meurt a perdu!!
Et là Jay, petit nain poilu, vient hurler au nom de la commission bouffe nouvellement constituée qu'ils veulent Bocuse pour les repas, ça c'est une idée de workshop, histoire de pas perdre son temps en bloquant!!

Emballés par tant d'émotions, MJ et Pandawa trouvent dommage que Mélissa ne soit pas là..."encore partie voir MDM (mec du moment) alors qu'elle aurait pu faire trop de eye contact ici" pense MJ, qui néanmoins affiche un sourire béat à l'idée de la collection de Biba vintage que Mélissa est partie collecter dans les tréfonds de la Lorraine...Elle s'en lèche les babines d'avance.

A la sortie de cette réunion (merde on dit AG en révolutionnaire), elle rejoint son Nikita adoré qui lui a amené un bouledogue décapité en guise de preuve d'amour éternel ("arrête, l'amour c'est moisi!!"), tandis que Ravachol se demande s'il est vraiment fasciste ou pas tout en essayant d'aider Captain'K à fourguer des numéros du CDF aux nouveaux djeuns cool qui se rebellent..Peu de succès.
Tout ce petit monde s'en va donc rejoindre Fanch, Steph et Zardoz à la brasserie du Midi afin de picoler (enfin les trois compères y sont depuis 48h au grand désespoir du patron qui n'arrive pas à les virer).

L'IEP enflammera-t-il la jeunesse dorée et bio-équitable?? Mélissa trouvera-t-elle le numréo de Biba de juin 1978, si rare?
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Nikita Sergeïovitch
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MessageSujet: Re: Le Cri Du Fennec, gloire, beauté et révolution de salon   Mar 5 Sep - 16:34

Jour 11 : Le Jour K

A 6h du matin, les bruits étranges qui émanent de l’université occupée finissent par s’arrêter. Le chef d’escadrille Jean-Alain Dupont-Gibert (JADG pour ses amis) lance le signal que tous ses hommes attendent depuis si longtemps (plus ou moins 10 jours). Dans une demi-heure, les hordes de CRS vont enfin deferler sur ce bastion libertaire, et libérer ces jeunes de la mainmise de quelques pervers gauchistes manipulateurs. JADG relit la transmission codée que le QG lui a envoyé par télégraphe. Un contingent d'une vingtaine d'étudiants de Lyon-3 doit venir se joindre à la révolte durant la matinée. Bien qu'il ne comprenne pas en quoi ceci serait un désastre, JADG va obéir aux ordres: investir le batiment K (voir plan ci-joint) et ainsi couper les forces anarchistes en deux. Leur dispersion en sera ainsi facilitée.

JADG se doit de faire un discours. D'une voix rauque et autoritaire, il adresse ces quelques mots à ses hommes, épuisés et démoralisés par 240h de veille et par un régime constitué uniquement des pizzas et sandwichs avariés du camion du parking: "Messieurs, l'heure est enfin venue. C'est aujourd'hui le jour K. Nous allons enfin remplir la mission qui nous a été confiée. Bonne chance à tous, et vive la République!"
Son fidèle bras droit expose le plan, puis JADG reprend la parole: "Tres bien Monsieur Toc. Messieurs, avez-vous des questions?"
Une main se lève "Pourquoi jour K?
-L'opération aurait du s'appeler jour J, mais c'était déja pris..."

Une demi-heure plus tard, l'attaque commence. Des groupes de CRS ventripotents avancent pénilement à travers la pelouse, boudinés dans leurs unformes trop ajustés (ben oui, 10 jours à rien faire d'autre que bouffer des pizzas et des sandwichs, ça craint).

Le premier groupe défonce la porte et rentre en brandissant matraques et lacrymos. Tous tombent immédiatement dans les pommes, agressés par une puanteur inimaginable.

A 200 mêtres de là, JADG sent les poils de sa moustache se dresser sous l'effet de la pestilence. Ses hommes refluent, en désordre, certains trainent leurs camarades terrassés, d'autres s'enfuient purement et simplement en direction du tram, avec l'envie manifeste de rentrer chez eux.

Armés de masques à gaz, l'élite de la Compgnie Républicaine de Sécurité réussit à secourir les quelques hommes abandonnés à l'intérieur. Le bilan est finalement léger. Une quinzaine d'hommes intoxiqués par un gaz inconnu, quatre dont les pieds ont été brulés par une flaque d'acide gluant répandue devant la porte, et une fracture du crane du au choc de la tete d'un vaillant CRS contre le dallage de la Fac. A 10h, la relève arrive, et JADG s'apprete à etre rétrogradé suite à ce cuisant échec...

P.S.: Sur le journal tenu par un bloqueur, voici ce que l'on peut lire au 11° jour:
Citation :
jour 11: pas grand chose aujourd'hui:
-relève des CRS
-apres la découverte de fragments de cuir et de plastique non identifiés dans une flaque de vomi près des chiottes, il a été décidé que toute forme d'art est déconseillée aprés la prise de crack de 21h, puisqu'aucun d'entre nous n'a le moindre souvenir d'avoir fait cela. L'AG souveraine a voté en ce sens, afin de ne pas gacher les matieres premieres dont nous disposons, mais l'oeuvre découverte sera conservée.

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Captain K
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MessageSujet: Re: Le Cri Du Fennec, gloire, beauté et révolution de salon   Dim 10 Sep - 18:12

Jour 12 - J'aurais voulu rester jeune

Bernard Grangeon, responsable communication chez VRP-Lyonbas se sent pousser des ailes. Il va se refaire une jeunesse, avec tous ces jeunes. L'Université. Depuis ses études d'ethnologie à Bron, il n'y avait plus mis les pieds. Un voyage en Irlande, et il avait oublié ses grandes lunettes rondes dans un placard, remisé ses sandales tressées en bambou souple à la poubelle, et refilé son pancho à un type qui lui demandait expressement. Il était revenu convaincu aux idées du capitalisme galopant, et avait laissé tombé le tofu au petit dèj' contre le banania.
Sa super promo sur un prêt étudiant pour acheter les pâtes à la palette chez Leader va faire un tabac. Ils vont tous se ruer comme des petits consommateurs qu'ils sont.

Manque de bol, Bernard a arrêté son abonnement à Libé depuis un mois. Il ne sait pas, le pauvre. Enfin bref. Le voilà qui débarque à Bron avec ses tracts. Il met un t-shirt par dessus son costard et s'aperçoit qu'il est observé. Une dizaine de flics, tapis derrière leur car judicieusement dissimulé au milieu du parking, déguisé en twingo bleue) l'observent mi-inquiets mi-hilares. Des flics devant le campus? vivants? les choses ont bien changé. Il s'approche de la porte principale du campus, et aperçoit des monticules de chaises. Décidement le service d'entretien part en vau-l'eau. Il aperçoit deux jeunes qui discutent. Il branche son walkman à fond en laissant ses écouteurs sur les oreilles. Le Toxic version rock par Nadya et Corbier attire l'oreille des deux Jeunes. Le premier contact est effectué, c'est dans la poche. "Alors les neuh-jeuhs, ça gaze?". Un grognement affirmatif en réponse. Laïus sur l'intérêt d'acheter des pâtes. Affirmative en face. Présentation du produit bancaire. Le premier étudiant demande si Vaneigheim aurait signé. L'autre lui dit que oui en rigolant. Et hop! une première vente! Le pig... le client signe. Ca c'est fait. L'autre refuse, sauf si on peut changer "pâtes" par "beaujolais" ou "pastis". Déçu, il indique la position d'autres étudiants.

Elle est bien vide cette université. BG se dirige vers le vieux forum. Il se repère facilement, faut bien l'avouer. La fac semble cependant être en travaux. Il renifle l'odeur du tofu. Il demande aux fautifs de ces émanations si il y a moyen d'y goûter. Ca fait longtemps. Et puis de ce qu'il s'en rappelle ça lui faisait un certain effet.

Deux heures plus tard, Bernard Grangeon beugle un mix entre Ravi Shankar et les Pistols debout sur une chaise au bâtiment L. Putain occuper la fac fallait le faire quand même! ils avaient essayé avec les potes, mais à trois, on tient à peine le bureau du secrétraire de psycho. Le CPE? Ahahah c'est d'la merde, les mômes, vous fesez pas n'enculer par le système, tu 'ouas? Bon. C'est vrai que le costard c'est mieux que le poil de vache, là tu sais, la vache des toubét... euh... les indain? les... oh merde les niaqoués, quoi! Mais bon. Qu'est-ce que je disais, déjà? ah oui. L'égologie: vachement important, ça, l'éloguologips. Faut protéger ce con de moineau qui te réveille le matin, passke on sait jamais, c'est peut-être ton grand-père, tu 'ouas? Un 491? ouais, cool! journal des pédés, ça? non? Bof. M'en fous. Tiens prends ce bifton. J'en ai plus besoin, on va refaire le monde.

Captain K discute avec Filsdecrao. Ils se demandent qui c'est ce crétin en slip qui se balade dans la fac. Un ancien étudiant, probablement. En tous cas, Steph, Fanch et Zardoz l'adorent. Il connait plein de techniques pour improviser de l'alcool. Celle qui utilise les soudures des chiottes est quand même assez trash, mais en tout cas, si c'est pas de l'alcool, ça marche pareil pour les trois éponges. En AG, il a insulté Marlène parce qu'elle sentait le McDO, ce qui lui a vallu l'estime de tous les anars du coin. Pas pour le coup du McDo, juste pour le geste. En plus il a commencé à faire des signes obscènes à la copine de Yann du CLE en disant que sa mère, elle, aimait bien les babs à l'époque et que ça le ferait triper de s'être fait la mère et la fille. Ce qui lui vallu l'admiration de Samy (enfin quelqu'un qui accepte les unions avec fort écart générationnel). Par contre ce serait cool qu'il arrête d'aller danser à poil sur le parking il va finir par se faire embarquer par les flics.

Cool, Nikita! t'aurais pas des moufles-caniches pour moi aussi? Bon. Je reprends mon cours autogestionné. Alors. Comment utiliser un contrat d'emprunt et une feuille carbonne trafiquée pour réaliser la copie conforme du secrétariat de psycho, eh bien c'est très simple. Il suffit de...

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